Le mobile des massacres dans les quartiers populaires

En Haïti, la dictature muselle la presse par des mesures d’intimidation et l’exil, bâillonne le peuple par des actes barbares tandis que la démocratie massacre, fanatise à travers des subventions, des contrats opaques. Que personne ne vienne me dire qu’il n’est pas de même dans tous les pays du tiers et quart monde.

En terme d’objectif, ces deux régimes politiques, toujours dans une logique de chasser tout ce qui entrave, ne cherchent qu’à dérouter les médias de leur devoir qui est de recueillir et de diffuser des informations dignes de foi (Liu Xiabo, 2004). Donc de tuer la presse dont sa mission est de former, d’informer le peuple non de le manipuler, d’éclairer le peuple et non d’aiguiser son ignorance. Car celui qui arrive à contrôler la presse constituant l’allume-feu des mobilisations populaires apprivoise le baril de poudre qu’est le peuple, est à l’abri des coups du sort.

En conséquence, aucun pouvoir ne peut clamer son manteau vierge de tout crime, en dictature comme en démocratie. Si le sang qui macule le manteau de la première est celui des résistants ayant épousé la dialectique des armes, le manteau de la deuxième est maculé du sang des dénonciateurs inoffensifs fidèles à l’arme de la dialectique. Cette comparaison n’est pas d’un trivial achevé. Elle est juste.

L’obsession de tout pouvoir étroit d’esprit gouvernant sans science et conscience est de réduire au silence tout groupe qui lui est hostile, qui ne lui offre un éloge à tout casser, qui n’écoute pas ces douces paroles, refusant de louer son esprit, par le massacre ou par la corruption. Ces marionnettes de la communauté internationale, pour légaliser leurs forfaits brandissent le drapeau de la chasse aux bandits. En écrivant ces mots, nous pensons aux massacres dans les quartiers populaires et les pluies de dollars que les différents pouvoirs ont fait tomber sur les médias amusants et les membres de l’opposition inconsciente afin de les pousser à trafiquer les informations, leurs positions politiques et idéologiques.

Soutenir que la population des quartiers populaires sont des bandits, raison de les attaquer, est une négation de la vérité que tout homme dont l’esprit est d’une indépendance farouche doit dénoncer. Car la vie de tout un chacun compte, qu’il soit riche ou pauvre, patron ou ouvrier, citadin ou campagnard, partisan ou opposant. Précisons que lorsque le glas des élections sonne, ces soi-disant bandits deviennent du jour au lendemain des saints, les préférés des dieux-candidats.

Nous avons là sur notre table de travail une liste de massacres ayant marqué les cinquante dernières années haïtiennes. Lesquels étiquetés d’État et qui ont plongé la population haïtienne dans la désolation, affirme absolument Emmanuel Moïse Yves (2020) de Ayibopost. Massacre de Cazale le 27 mars 1969 ; massacre à Fort-Dimanche le 26 avril 1986 ; massacre de Jean-Rabel le 23 juillet 1987 ; massacre de la ruelle Vaillant le 29 novembre 1987 ; massacre de Saint Jean Bosco le 11 septembre 1988 ; massacre à Raboteau le 21 avril 1994 ; massacre à la Scierie en février 2004 ; massacre à Grand Ravine en novembre 2017 ; massacre à Lasaline en novembre 2018 ; massacre à Carrefour feuille dans la nuit du 24 avril 2019 ; massacre au Bel-Air du 4 au 8 novembre 2019 ; massacre à Pont- Rouge le 20 mai 2020 (Lenouvelliste, 2020). Pourquoi tous ces massacres ? L’âme toute endolorie, nous traitons la question qu’au point de vue purement politique.

Le mobile de ces massacres dans les quartiers populaires par des groupes n’ayant aucune valeur intrinsèque, l’apprivoisement, l’affaiblissement des mouvements populaires ou l’anéantissement de tout germe de mobilisations populaires visant à dénoncer les mauvaises pratiques ( corruption, vol, mauvaise gouvernance) et à demander justice et réparation ; l’occupation de toutes les avenues des quartiers populaires en prélude aux prochaines élections dans une perspective de coup d’État électoral pour la conservation du pouvoir le plus longtemps que possible. Quoiqu’en terme de politiques publiques, la partie visible de la politique, c’est un gros zéro barré.

Ces massacres sur fond de cruelle inhumanité (viol, des personnes décapitées, des innocents enterrés vivants) perpétrés généralement par les hommes au pouvoir est une privation du droit à la liberté d’expression et une banalisation du droit à la vie. Ces démocrates le jour, sanguinaires la nuit, quand il s’agit de défendre leur mandat, ils évoquent la démocratie, jettent à la poubelle l’article 19 de la déclaration universelle des droits de l’homme qui stipule : << Tout individu a droit à la liberté d’opinion, d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions >>(Draft comitte, 1948), pour l’en faire respecter.

Profitons ici d’une petite digression pour déclarer que nous ne sommes nullement partisans des élections qu’organise la communauté internationale en Haïti. Ça n’a rien à voir avec la démocratie. C’est une véritable farce dont le peuple en est le dindon. Avoir l’appui de Washington c’est gagner les élections d’avance (Icart,1987). C’est lui qui décide quel politicien, qu’il ait un bel portrait politique ou non, portera l’écharpe présidentielle pour les cinq prochaines années.

Et pour que ces massacres ne révoltent le grand public, pour que la dilapidation des fonds de l’État ne leur conduit au bargne, pour se la couler douce après leur mandat, les pouvoirs sont arrivés à la conviction qu’il faut généraliser la corruption – que quelques personnes échappent à cette gangrène -, avoir pied dans l’opposition modérée et acheter la conscience de certains médias, de certains activistes, de certains Petro-Challengers. Cela permet de résister durant les mauvais jours. C’est la vraie tactique des mafias. Quand on est sale, il faut salir tout le monde de manière stratégique particulièrement les influenceurs. Comment peut-on dénoncer les corrompus/corrupteurs si on est corrompu ? Dans cette situation, le mieux à faire est de se taire ou de faire diversion.

Ces médias qui acceptent de toucher un petit magot pour mentir au peuple, pour faire circuler des informations truffées de mensonges, ils sont pris au piège de la corruption et ne s’en sortent pas. Dès lors, leurs relations avec les pouvoirs sortent du domaine professionnel pour se transformer en relations vénales ; leur objectivité part à vau-leau.C’est pourquoi, dans le dossier Petro-Caribe, ils clorent leur bouche et se contentent de compter les billets dans le giron des dilapideurs.

Quant à certains membres de l’opposition inconsciente, écrasés sous le poids du « afèm pa bon », qualifiés de prostitués politiques par le peuple, dans un but de cupidité vile et sordide érigent les trafics dans les coulisses en système, reçoivent des pots-de-vin. Tout ce qui les intéresse, la satisfaction des intérêts personnels portant préjudice au grand peuple qui n’a pas vraiment pignon sur rue, crève la dèche. Pendant que ces opposants partagent le pouvoir, les responsabilités, le peuple partage les problèmes, la misère.

Pour prendre congé, une presse professionnelle est une grande richesse pour une nation. Une centaine de médias au service d’un pouvoir est un gain inestimable. Cependant, un seul média, hostile à un pouvoir, travaillant activement dans la diffusion des lumières, dont le peuple en confie yeux et oreilles, est une grande force désorganisatrice. Il peut facilement provoquer sa chute. Zénith FM (102.5) eut à confirmer cette assertion. Si le pouvoir en place fait et défait encore dans le pays c’est grâce à Washington. Le peuple lui a déjà réglé son compte.

Jameson LEOPOLD
Expert en Politiques publiques
Étude en cours en Sciences du développement (master)
Licencié en Travail Social
Gestionnaire des Ressources humaines
Linguiste raté

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