EDITO-MAG : Tous les masques sont tombés… !

S’il restait un doute minimal quand à l’incompétence de nos dirigeants, la Covid19 partirait avec tout. En quatre-vingt-dix (90) jours, il est venu bien le temps de passer à l’examen l’ensemble des structures publiques mises en place pour gérer le passage de la pandémie dans le pays. Du gouvernement haïtien en passant par la commission multisectorielle, la cellule scientifique et de sensibilisation, communication de la population à prévenir le Coronavirus, elles ont travaillé mais les failles sont légions. Elles sont d’ordre technique, organisationnel et politique.

Dans un premier constat, les « Tops » médecins, comme diraient les anglophones, appelés à gérer la crise ne nous ont pas conduits au bon port. Le premier d’entre eux (ceux du devant de la scène), le docteur William Pape, en tant que co-président de la structure mixte privé vs État de gestion de la crise, a entamé son boulot par une projection alarmante et alarmiste sur ce qu’allait causer le virus dans le pays comme dégâts. Plus de peur que de mal ! En effet, se basant sur de prétendues études faites par l’Université Cornell, Pape et bon nombre de ses pairs se sont trompés piteusement. Autant sur les prédictions sur le nombre de morts liés à la covid que sur le nombre des contaminés, les scientifiques des commissions gouvernementales de crise et l’État lui-même, en conclusion, n’ont pas vu juste à la mi-juin 2020 date de la rédaction de nos analyses.

A ce jour, quatre mille (4000) et quelques cas d’individus atteints du coronavirus recensés en Haïti et moins d’une centaine de morts issus de la maladie. Une note assez négative au plan technique est à attribuer, en ce sens, à toute l’équipe.
L’organisation des actions déjà entreprises dans la crise par tous les acteurs impliqués révèle également d’une véritable catastrophe, selon notre loupe de lecture. Qui fait quoi ? Est en charge de quoi ? Pour quels résultats ? Tous les éléments nous portent à croire que même après la Covid19 ces questions resteront peut être sans réponses. En tout début des premiers cas découverts du coronavirus en Haïti, une commande de matériels et équipements sanitaires d’envergure soit des millions de dollars américains a été effectuée vers la Chine par le gouvernement. La commission multisectorielle n’a pas fait l’objet des consultations dans cette affaire. Et, celle-ci n’a pas trouvé non plus l’aval de la commission scientifique. Seule l’intuition des chefs dans l’exécutif haïtien ont emmené vers cet achat qui fait pleuvoir des soupçons graves de corruption. La Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif (CSC/CA), même en période d’urgence sanitaire comme décrétée par l’administration Moise-Jouthe, devait approuver ce marché, arguent des organismes de défense des droits humains.
D’un autre côté, toujours au plan organisationnel, la communication publique sur le coronavirus s’est mêlée dans une propagande gouvernementale outrancière.

Un Ministre celui des Travaux Publics, puisque tenu de venir s’expliquer dans son plan de crise sur la plateforme de présentation, a lâché qu’il se préparerait à ramasser des cadavres de Covid19.Un non-sens accru, doit-on dire ! C’est le Président Jovenel Moise dans son discours du 18 mai 2020 qui a rappelé au médecin directeur général du MSPP que tous les cas de fièvre ne sont pas du Coronavirus. Bref, un tohu bohu. Les « speakers » de confiance aptes à faire passer le message direct sans filtres aux membres de la population n’ont pas été désignés dans ce processus. Un acte de la case de départ du plan de la gestion de la pandémie dans le pays : trouver les bons interlocuteurs avec qui le peuple haïtien est en harmonie et entendrait.

Politiquement, Jovenel Moise s’est illustré dans la crise du coronavirus. Jovenel a fait du Moise et Moise a fait du Jovenel. Des promesses encore et encore. Un million et cinq cent mille (1500000) familles à recevoir trois mille (3000) gourdes via moncash de la compagnie Digicel. Au 15 juin, moins de cent cinquante mille (150 000) personnes ont reçu ce support de la présidence. Les enseignants des écoles privées tardent à trouver également l’accomplissement des promesses. Le président haïtien n’a pas su ramener la classe politique, l’intelligentsia et l’élite économique à ses côtes dans la crise. Des partisans proches du pouvoir cherchent plutôt à se faire une santé financière dans les dons et contrats disponibles dans la gestion de la maladie. En clair, une opportunité perdue qui nous permettrait à recoller les morceaux du tissu social haïtien.

Petit à petit, l’on se rapproche vers le terminus de la maladie sur notre sol. Il faudra bien penser pour des temps encore à vivre avec la Covid19 mais sans un optimisme de trop, le pire à craindre se trouve déjà derrière nous. Une détresse traversée non par de bons techniciens, ni de meilleurs planificateurs usant d’une bonne organisation ni de nos politiques à courte vision. S’ils nous arrivaient de compter sur eux, on serait bien pris. Rien n’est fait pour sauver nos vies de Covid19. L’addition de tous les actes est devant nous. Tous les masques sont tombés… !

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