Même à 40 ans, on peut avoir quelques problèmes de mémoire. Surtout quand les souvenirs affluent et qu’ils sont trop nombreux pour en choisir un. « C’est sûr que l’on a passé des nuits ensemble dans des bus avec Michaël Delafosse », sourit Mathieu Hanotin, qui peste contre lui-même, incapable qu’il est de raconter une anecdote en particulier. Mathieu Klein abonde : « J’ai plein d’images qui reviennent, des nuits passées à dormir entassés les uns contre les autres, mais pas de souvenirs précis. » Michaël Delafosse, quant à lui, se rappelle que Mathieu Hanotin l’avait « accueilli chez lui quand [ils étaient] étudiants ».

On pourrait les appeler les « trois M » ou les « quadras ». Michaël Delafosse, Mathieu Hanotin et Mathieu Klein ont respectivement 43, 41 et 44 ans. Ils sont socialistes, ont commencé à militer jeune, aussi bien au Parti socialiste (PS) qu’à l’UNEF, le syndicat étudiant. Même leur style vestimentaire est semblable, fait de costumes sombres et de chemises blanches. Tous trois viennent d’offrir les plus belles conquêtes à leur parti lors des élections municipales. M. Delafosse a remporté Montpellier (281 000 habitants), à l’issue d’une campagne rocambolesque. M. Hanotin a arraché Saint-Denis (111 000 habitants, Seine-Saint-Denis) aux communistes. Enfin, Mathieu Klein a gagné Nancy (105 000 habitants), bastion du centre droit.

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Ces trois-là se connaissent depuis plus de vingt ans. Des liens solides se sont tissés lors de leurs premiers engagements. « La première personne que j’ai appelée dimanche, quand j’ai su que nous avions gagné, c’est Mathieu Klein, raconte M. Delafosse. Il y a une grande similitude entre lui et moi. On ne s’est jamais déconnecté de nos territoires. » Mathieu Hanotin, plus jeune, connaît davantage Michaël Delafosse que Mathieu Klein. « Avec Michaël, on s’est rapproché depuis deux ans, on s’appelle, on échange régulièrement », précise l’ancien directeur de campagne de Benoît Hamon à la présidentielle de 2017.

Génération militante

Plus qu’une histoire d’amitié, ces succès sont en réalité l’histoire d’une génération militante qui s’est engagée en politique dans la deuxième moitié des années 1990. A cet égard, le parcours des trois nouveaux maires est presque identique. Michaël Delafosse : « J’adhère au PS en 1993, chez les rocardiens. Il fallait tout reconstruire. Je viens de la deuxième gauche, je pense qu’il faut convaincre plutôt qu’imposer. Je rentre à l’UNEF-ID [proche du PS, ancêtre de l’UNEF actuelle] en 1995. » Mathieu Klein : « Je prends ma carte au PS en 1994, j’étais dans mon lycée à Sarreguemines [Moselle]. Ce n’était pas un milieu de gauche. On avait fait des manifs avec Michaël contre le smic jeunes. » M. Klein est aussi rocardien. M. Hanotin, lui, choisit la gauche du parti, séduit à l’époque par le discours de Julien Dray, le leader de la Gauche socialiste. « Le mouvement de novembre-décembre 1995 a été un révélateur. Quand j’ai adhéré à l’UNEF-ID, en 1997, je me suis pris au jeu », relate le Dionysien.

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