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Manifestation contre la  loi sur la sécurité nationale  imposée par Pékin, à Hongkong, le 1er juillet. ANTHONY WALLACE / AFP

Il a fait le « grand ménage ». Le jeune homme a supprimé toute trace de sa participation au mouvement contre la mainmise chinoise qui, depuis un an, secoue Hongkong. Non seulement sur son téléphone – passant en revue ses contacts, archives photos, recherches en ligne – mais même chez lui. « J’ai jeté des sacs de vêtements que j’ai portés pendant les manifestations et même des chaussures de sport très chères car c’était une série limitée et on pourrait me retrouver si on cherchait bien », confie-t-il.

L’heure est à la plus grande prudence, après l’imposition, mardi 30 juin par Pékin, d’une loi de sécurité, aussi vaste que floue, visant à museler toute forme de contestation. Le texte établit des crimes de « sédition », de « subversion » et autres formules utilisées de longue date, en Chine continentale, pour réprimer les opposants au régime. Ils sont passibles de la prison à perpétuité et, dans des cas non définis, d’un transfert à la justice chinoise. Les agences de sécurité chinoises pourront étendre considérablement leur surveillance, et superviseront la police locale.

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L’annonce du projet de loi, fin mai à Pékin, avait provoqué, dans les heures qui suivirent, un pic de recherches et de commandes de VPN, ces logiciels qui cryptent l’activité d’un internaute. Alors que la population hongkongaise est l’une des plus connectées du monde, les communications en ligne sont une seconde nature. Beaucoup d’utilisateurs ont changé leur identifiant, enlèvent leur carte SIM en fonction de leurs déplacements, multiplient les mots de passe et évitent d’utiliser des connexions publiques.

Le trafic sur les groupes de discussion militants de l’application de messagerie Telegram a considérablement ralenti. « Il y a beaucoup moins de partages qu’avant. Soit les gens sont partis sur d’autres fils, soit ils ne parlent plus », constate Eudi, 23 ans.

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Sans renoncer à leurs idées, les protestataires tentent de se protéger. Le risque est partout. Le jeune militant mentionne la récompense proposée par l’ancien chef de l’exécutif, le très impopulaire Leung Chun-ying : jusqu’à un million de dollars hongkongais (115 000 euros) pour quiconque fournira des indications permettant d’arrêter des contrevenants à la loi de sécurité nationale. Ce que redoutent aujourd’hui nombre de manifestants, ce sont donc les « traîtres de l’intérieur », l’oncle ou la tante « bleu », la couleur du camp conservateur pro-Pékin et propolice, par contraste au camp jaune des manifestants, qui penseraient bien faire en dénonçant leurs jeunes qui, selon eux, sont en train de « gâcher leur vie et détruire Hongkong ».

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