,

,

Le premier ministre britannique, Boris Johnson, à la chambre des communes à Londres, le 1er juillet. JESSICA TAYLOR/HOC / via REUTERS

La réplique la plus vive en Occident à l’imposition par Pékin de la « loi de sécurité nationale » ouvrant la possibilité d’une ample répression à Hongkong est venue de l’ancienne puissance coloniale. « Il y a eu violation claire et sérieuse » de la déclaration conjointe sino-britannique de 1984, a dénoncé, mercredi 1er juillet, Boris Johnson, en référence au traité posant les bases de la rétrocession de 1997, notamment le respect du « mode de vie » de Hongkong et du principe « un pays, deux systèmes » pendant au moins un demi-siècle.

Le premier ministre britannique en a tiré les conséquences, réitérant une promesse faite début juin d’élargir la possibilité pour les Hongkongais de résider sur le territoire britannique puis d’y demander la nationalité. Les détenteurs hongkongais d’un passeport britannique d’outre-mer (British national overseas, BNO) pourront à l’avenir vivre, travailler ou étudier au Royaume-Uni durant cinq années – contre six mois jusqu’à présent – à l’issue desquelles ils obtiendront un statut de résident et pourront, douze mois plus tard, demander la pleine citoyenneté.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi La détermination et la peur des Hongkongais après l’imposition d’une loi de sécurité par Pékin

L’offre s’adresse aux quelque 2,9 millions de Hongkongais (sur une ville de 7,5 millions d’habitants) éligibles à ce document car nés avant la rétrocession, mais aussi à leurs enfants, couvrant ainsi une large part de la jeunesse, particulièrement mobilisée dans les rues. 350 000 Hongkongais sont actuellement titulaires d’un BNO. Certains avaient pris la précaution de le demander dès le retour dans le giron chinois il y a vingt-trois ans, mais le chiffre des détenteurs de ce passeport a presque doublé en un an de protestations massives, et donc d’anticipation d’une reprise en main chinoise.

« Répression brutale »

Londres a par ailleurs accordé l’asile politique à un employé de son consulat de Hongkong qui avait été arrêté en août 2019 lors d’une conférence en Chine continentale et détenu durant quinze jours, au cours desquels il dit avoir été torturé. Le premier ministre australien, Scott Morrison, a de son côté dit envisager d’offrir une forme d’asile aux résidents de Hongkong qui seraient menacés par la loi.

L’adoption du texte a également suscité une réaction cinglante sur Twitter du secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo. « La loi de sécurité nationale draconienne du PCC [Parti communiste chinois] met un terme à la liberté à Hongkong et expose la plus grande peur du PCC : la libre volonté et libre pensée de son peuple », a écrit le chef de la diplomatie américaine.

La Chambre des représentants a approuvé, mercredi 1er juillet, à l’unanimité, un texte qui prévoit des sanctions contre les responsables chinois qui violent les obligations internationales de la Chine en faveur de l’autonomie de Hongkong, sans les nommer. Il doit passer au Sénat jeudi. La présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a dénoncé une « répression brutale et généralisée contre les habitants de Hongkong, afin de détruire les libertés qu’on leur avait promis ».

Alors que Donald Trump n’avait pas réagi mercredi soir, l’ancien vice-président démocrate Joe Biden, candidat à l’élection présidentielle de novembre prochain, a critiqué dans un communiqué la gestion, « lâche » de l’actuel président, l’accusant de « rassurer les autocrates chinois sur le fait qu’ils ont quelqu’un qui pense comme eux à la Maison Blanche ».

Les Etats-Unis ont, par ailleurs, commencé lundi 29 juin à détricoter le statut préférentiel dont Hongkong jouit dans ses échanges commerciaux avec eux, interdisant les exportations dans les secteurs de la défense. Le département du commerce dit évaluer d’autres mesures. Mais si celles-ci ne visent que Hongkong et non le continent, elles auront pour conséquence, en réduisant l’exposition de la ville à l’économie américaine, de renforcer la dépendance déjà immense de Hongkong à la Chine.

L’Union européenne, de son côté, « déplore » l’initiative chinoise, a déclaré le président du Conseil européen, Charles Michel, pour qui le nouveau texte « risque de gravement altérer le haut degré d’autonomie de Hongkong et d’avoir un effet néfaste sur l’indépendance de la justice et sur l’Etat de droit ». La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a précisé que l’UE allait discuter avec ses « partenaires internationaux » de possibles mesures à prendre.

La Chine a balayé d’un revers l’ensemble de ces critiques. « En quoi cela vous concerne-t-il ?, a lancé, mercredi, le directeur adjoint du bureau des affaires de Hongkong et Macao, Zhang Xiaoming. Ce ne sont pas vos affaires. »

Cécile Ducourtieux(Londres, correspondante) et Harold Thibault

The post Passe d’arme entre Pékin et Londres autour de la loi sur la sécurité à Hongkong appeared first on Haiti24.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Social Media Auto Publish Powered By : XYZScripts.com
%d blogueurs aiment cette page :

Send us your Problem:

Please, Fill out all the fields.

Radio Station:

Your message has been sent. Thanks 😊