Au lendemain de l’adoption à l’unanimité par le comité permanent de l’Assemblée nationale populaire chinoise (ANP) de la loi « sur la sécurité nationale », des manifestants protestaient à Hongkong contre cette nouvelle législation entrée en vigueur mercredi 1er juillet.

La police hongkongaise a fait usage d’un canon à eau pour disperser les petits groupes de manifestants rassemblés, en dépit d’une interdiction, selon des journalistes de l’Agence-France-Presse (AFP). Le camion, équipé d’un canon à eau, a tiré plusieurs rafales d’eau qui était mélangée à une solution de poivre irritant, frappant à différentes reprises des manifestants et des journalistes, parmi lesquels des reporters de l’AFP, qui étaient réunis à Causeway Bay, un quartier très commerçant de la ville.

Trente personnes ont en outre été arrêtées, selon l’agence Reuters reprenant une information des forces de l’ordre, pour violation de la nouvelle législation, rassemblement illégal, refus d’obtempérer et possession d’armes.

In Causeway Bay, Tak Chi Tam (dressed as a Mainland Public Security Officer), a number of People Power supporters,… https://t.co/JWIt0zgLqo

— ray_slowbeat (@Ray Chan)

Sur son compte Twitter, la police avait annoncé auparavant une première arrestation dans le cadre de cette loi, celle d’« un homme (…) en possession d’un drapeau pour l’indépendance de Hongkong dans le quartier de Causeway Bay, en violation de la loi sur la sécurité de l’Etat », dans un message accompagné d’une photo de l’homme interpellé et du drapeau.

#BREAKING: A man was arrested for holding a #HKIndependence flag in #CausewayBay, Hong Kong, violating the… https://t.co/BM9zYGSETm

— hkpoliceforce (@Hong Kong Police Force)

Un important dispositif policier a été déployé à travers les rues de Hongkong qui célèbre mercredi 1er juillet le 23e anniversaire de la rétrocession de l’ancienne colonie britannique à la Chine. La marche à laquelle prennent traditionnellement part les Hongkongais à l’occasion de cet événement a été, pour la première fois, interdite par les autorités.

Tentative d’étouffement de l’opposition

Promulguée mardi par le président chinois Xi Jinping, la nouvelle loi sur la sécurité nationale permet de réprimer quatre types de crimes contre la sécurité de l’Etat à Hongkong : les activités subversives, la sécession, le terrorisme et la collusion avec des forces étrangères.

Un an après le début de manifestations massives de plus en plus ouvertement anti-Pékin, le Parti communiste chinois a donc décidé d’imposer sa loi. Rien n’y a fait : ni les protestations des…, ni les critiques émises par le Royaume-Uni, auprès duquel la Chine s’était engagée à ne pas mette en cause l’autonomie de Hongkong durant cinquante ans, ni les menaces de l’Union européenne, ni même les récentes mesures de Washington.

La loi est accusée par ses détracteurs d’être une tentative d’étouffement de l’opposition à Hongkong. Elle prévoit que la justice chinoise est compétente pour les atteintes « graves » à la sécurité et la prison à vie pour les crimes contre la sécurité nationale. Vingt-sept pays du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, dont la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne et le Japon, ont condamné cette nouvelle loi, tandis que les Etats-Unis ont menacé la Chine de représailles, promettant de ne pas « rester les bras croisés ».

Face aux condamnations internationales, Pékin a fustigé mercredi « une logique de bandits ». « Nous ne vous avons pas provoqués. De quel droit êtes-vous agressifs avec nous ? », s’est interrogé devant la presse le directeur adjoint du Bureau des affaires de Hongkong et Macao du régime communiste, Zhang Xiaoming, estimant que la loi imposée mardi ne « regardait pas » les pays étrangers. « Quant aux pays qui ont déclaré qu’ils imposeraient de lourdes sanctions à certains responsables chinois, je considère qu’il s’agit d’une logique de bandits », a-t-il déclaré.

La nouvelle loi « ne vise pas à faire de l’opposition et du camp pro-démocratie d’hypothétiques ennemis », a tenu à souligner Zhang Xiaoming. « Vous pourrez encore exister pendant longtemps, vous pourrez toujours avoir des vues politiques différentes », a-t-il déclaré à l’adresse des opposants hongkongais. Avant de leur lancer un avertissement : Hongkong « ne doit pas devenir une base d’opposition à la Chine continentale sous couvert de démocratie » et le camp pro-démocratie doit « faire son introspection et procéder aux ajustements appropriés » pour se conformer à la nouvelle loi.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi La Chine veut éradiquer la mentalité libérale et le manque de patriotisme des Hongkongais

Le Monde avec AFP

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