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Le professeur Didier Raoult, à gauche, au côté du rapporteur Eric Ciotti (à droite), le 24 juin à Paris. GONZALO FUENTES / REUTERS

Il parle lentement, avec une pointe d’accent du Sud, en détachant les mots. Mais la plupart du temps, il écoute et prend des notes, penché sur ses dossiers, traquant les contradictions et les failles dans les discours des responsables qui se succèdent devant lui, salle Lamartine, dans les sous-sols de l’Assemblée nationale.

Depuis le 3 juin, Eric Ciotti est rapporteur de la commission d’enquête chargée de faire la lumière sur la gestion de la crise sanitaire par le gouvernement. Aux côtés de la présidente (La République en marche, LRM) de la commission, Brigitte Bourguignon, qui a la maîtrise de l’ordre du jour et des auditions, le député (Les Républicains, LR) des Alpes-Maritimes est le seul à être doté d’un pouvoir d’investigation, qui lui permet notamment de réclamer des documents officiels.

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Connu pour ses prises de positions tranchées et clairement marquées à droite, notamment sur les sujets de sécurité et d’immigration, l’ancien collaborateur et porte-flingue du maire de Nice Christian Estrosi aurait été choisi par son parti pour « mordre le mollet du gouvernement », selon les mots d’un cadre LR.

Mais depuis le début des auditions, Ciotti n’est pas tout à fait là où on l’attendait, soucieux de ne pas se laisser enfermer dans l’image du cogneur. « A ce stade, Eric est plutôt en retrait », observe le député (LR) de Vaucluse Julien Aubert. Un constat partagé à gauche de l’hémicycle par un autre membre de la commission, le député (PS) David Habid, qui s’attendait à ce que le rapporteur soit « plus incisif ». « C’est quelqu’un de très politique, il est malin et très bon dans l’exercice mais pour l’instant il ne se lâche pas », note le député des Pyrénées-Atlantiques.

Eviter l’écueil du « tribunal populaire »

Un choix assumé par l’intéressé, qui a déjà présidé deux commissions d’enquête et souhaite à tout prix éviter l’écueil du « tribunal populaire ». « Le but n’est pas de se cantonner dans un rôle d’opposant », explique-t-il. Le rapport de la commission d’enquête sur la tuerie de la Préfecture de police de Paris avait été adopté à l’unanimité. « Comme quoi je peux faire du consensus », ajoute en souriant celui qui a déposé, le 26 mai, une proposition de loi visant « à rendre non identifiables les forces de l’ordre dans l’ensemble de l’espace médiatique, y compris sur les réseaux sociaux ».

Derrière un discours musclé et une apparence clivante, celui qui fut l’éminence grise d’Estrosi semble davantage soucieux de plaire qu’il en a l’air. Son ami Brice Hortefeux le décrit comme « travailleur, clairement de droite, attentif à son expression ». Mais au sein de LR, certains ironisent sur le parcours en zigzag de l’ancienne plume du maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin, auprès duquel il a appris « rondeur et savoir-faire auprès des élus » : critique avec Nicolas Sarkozy pendant son quinquennat il l’avait finalement appuyé en 2016, pour la primaire de la droite, abandonnant François Fillon qu’il soutenait précédemment.

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