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Le président islandais, Gudni Johannesson, à Gardabaer, le 27 juin 2020. HALLDOR KOLBEINS / AFP

L’ultrafavori a gagné : l’Islande a réélu triomphalement samedi pour quatre ans son président sortant, Gudni Thorlacius Johannesson, avec plus de 92 % des suffrages, selon les résultats définitifs de l’élection présidentielle publiés dimanche 28 juin.

Lors de ce scrutin au suffrage universel à un tour, cet ancien professeur d’histoire à l’université a récolté 92,2 % des 168 821 voix exprimées, contre 7,8 % pour son adversaire de droite populiste, Gudmundur Franklin Jonsson. Une tendance écrasante qui a été uniforme à Reykjavik, la capitale, et dans toutes les régions d’Islande.

La participation est en baisse, à 66,9 %, contre 75,7 % en 2016 lors de la première élection de M. Johannesson, et 69,3 % en 2012. Cette victoire démocratique avec un score quasi dictatorial avait été prévue par les sondages, qui créditaient ces dernières semaines le président sortant de 90 à 94 % des intentions de vote. C’est le deuxième score le plus élevé à une élection présidentielle en Islande.

Avec cet universitaire sans étiquette politique, l’île volcanique de 365 000 habitants a fait le choix de la continuité, douze ans après la faillite spectaculaire de ses banques en 2008, et à l’aube d’une nouvelle crise économique mondiale due à l’épidémie causée par le nouveau coronavirus.

« Je suis honoré et fier », a déclaré le vainqueur à l’Agence France-Presse (AFP) lors de sa soirée électorale à Reykjavik. « Pour moi, le résultat de cette élection est la preuve que mes concitoyens ont approuvé ma conception de cette charge. Et m’ont donné un mandat pour continuer à exercer mon rôle de la même façon que ces quatre dernières années », a-t-il commenté.

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M. Jonsson a rapidement reconnu sa défaite. « J’adresse mes félicitations à Gudni et sa famille », a-t-il dit, reconnaissant n’avoir jamais vraiment cru faire un score à deux chiffres. Ils étaient 252 217 électeurs à être invités à se rendre dans les bureaux de vote.

Un rôle protocolaire mais aussi de blocage législatif

Dans le régime parlementaire de l’île nordique, le chef de l’Etat a un rôle essentiellement protocolaire. Un seul véritable pouvoir lui revient, et il est important : un droit constitutionnel de bloquer la promulgation d’une loi et de la soumettre à référendum.

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C’est dans le sillage de la crise financière de 2008 que cette forme de veto présidentiel avait été employée pour la première fois. Le président conservateur Olafur Ragnar Grimsson avait déclenché deux référendums, en 2010 et 2011, sur un accord d’indemnisation des clients étrangers lésés par la faillite de leur banque, Icesave.

Après la Serbie dimanche dernier, et avant la Pologne et la France ce dimanche, l’Islande est le deuxième pays à organiser une élection depuis le début des mesures de confinement en Europe. En dehors de mesures de précaution (distanciation de 2 m et gel hydroalcoolique dans les bureaux), l’épidémie, pratiquement éteinte depuis des semaines dans l’île, n’a pas eu d’impact.

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Une forte popularité

M. Johannesson, plus jeune président élu depuis l’indépendance en 1944, a joui d’une forte popularité depuis son arrivée au poste en 2016. Contrairement à son prédécesseur, qui n’hésitait pas alimenter la controverse partisane, M. Johannesson a insisté sur le consensus pendant son bail à la résidence présidentielle de Bessastadir.

Son unique rival peinait à fédérer avec son côté polémiste. Dirigeant depuis l’Islande un hôtel au Danemark, cet ex-agent de change à Wall Street de 56 ans s’était engagé en politique en 2010 en créant le parti de droite populiste Haegri graenir.

Dans un pays où l’essentiel des pouvoirs repose sur le gouvernement et l’actuelle première ministre de gauche écologiste Katrin Jakobsdottir, l’opposant Jonsson voulait rendre la fonction présidentielle plus active, en utilisant par exemple davantage le référendum.

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Sans énorme enjeu, la présidentielle islandaise peut revendiquer une place à part dans l’histoire de l’égalité hommes-femmes. En 1980, elle avait conduit à l’élection de la première femme chef d’Etat du monde, en la personne de Vigdis Finnbogadottir, 90 ans aujourd’hui.

Le Monde avec AFP

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