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“Le Monde” d’après FEVRE/PRESSE SPORTS

Par Alexandre Pedro

Publié aujourd’hui à 06h00

RécitTop 30 des matchs qui ont marqué l’Euro. En attendant 2021, « Le Monde » a classé les rencontres qui ont fait la légende du tournoi. En 14e position, l’histoire d’une finale remportée (2-1) à la mort subite et d’un remplaçant devenu héros national.

Pour nous, Français, il est incarné par Laurent Blanc, celui par qui « la lumière est venue » contre le Paraguay en 1998 dans un huitième de finale de Coupe du monde aussi fermé que mal embarqué. Mais rendons à Oliver ce qui revient à Oliver. Celui qui est entré dans l’histoire du football en inscrivant le premier « but en or », c’est l’attaquant allemand Oliver Bierhoff, le 30 juin 1996 à Londres, dans le vénérable stade de Wembley, ses deux tours et son style victorien.

La prolongation a débuté depuis cinq minutes entre la Mannschaft et la République tchèque, invitée surprise de cette finale. Alerté par Jürgen Klinsmann, Oliver Bierhoff résiste à une charge de son garde du corps, Karel Rada, pour décrocher une frappe en pivot mollassonne de son (mauvais) pied gauche. Mais le ballon, à peine dévié par Rada, provoque un instant de panique chez le gardien, Petr Kouba. Le cuir glisse dans ses gants, rebondit sur le poteau et se décide à franchir la ligne presque au ralenti.

Voilà, c’est fini. Vous pouvez tout ranger et préparer la remise du trophée Henri-Delaunay, l’Allemagne vient de remporter son premier titre post-réunification. Pour les Tchèques, ce but en or a le poids du plomb. Sans lui, Pavel Nedved et les siens auraient encore bénéficié de vingt-cinq minutes pour inverser le cours de la rencontre. Mais c’était compter sans le Board de la FIFA.

Qui sera la première victime ?

Pour éviter que les équipes n’attendent les tirs au but, que certains qualifient (à tort) de loterie, l’instance qui régit les règles du jeu s’est dit en 1993 que cette nouveauté inciterait à davantage d’audace pendant la prolongation. Et puis, le but en or, c’est un peu le football de cours de récréation quand les enfants décrètent avant de retourner en classe « le premier qui marque a gagné ».

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Après des tests dans les tournois chez les espoirs, la nouvelle règle entre en vigueur à l’occasion de cet Euro disputé au pays du football. Mais, pendant la compétition, les équipes voient plutôt le verre à moitié vide. Personne n’ose attaquer de peur de devenir la première victime du but en or. Avant cette finale, les quatre prolongations (dont celles de la France contre les Pays-Bas et les Tchèques) se terminent sans que les filets ne tremblent et laissent place à ces tirs au but que la nouvelle règle était censée raréfier. Raté, donc.

L’attaquant allemand Oliver Bierhoff, le 30 juin 1996, à Londres, après son but en or contre la République tchèque.

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L’attaquant allemand Oliver Bierhoff, le 30 juin 1996, à Londres, après son but en or contre la République tchèque. FEVRE/PRESSE SPORTS

Comme lors de la Coupe du monde en 1990, les Allemands ont barré la route de la finale aux Anglais dans cet exercice qui leur réussit bien. Bierhoff a suivi les événements du banc de touche. A 28 ans, ce garçon issu d’un milieu aisé savoure déjà sa présence en sélection. Après tout, il n’est jamais que l’avant-centre de l’Udinese, club de milieu de tableau dans le championnat italien. Vedette locale dans le Frioul, le grand blond (1,91 m) ne bénéficie pas de la même reconnaissance dans son pays natal.

Suggéré par la femme du sélectionneur

Bon camarade, Matthias Sammer dit de lui avant le tournoi « qu’il n’est pas le meilleur techniquement, mais que c’est un gars extrêmement sympa ». Le défenseur ignore encore que le brave type en question va bien l’aider pour inscrire son nom au palmarès du Ballon d’or en fin de saison. En effet, quand Berti Vogts lance Bierhoff à la 69e minute, à la place de Mehmet Scholl, les Tchèques viennent d’ouvrir le score après un penalty transformé par Patrik Berger.

Le sélectionneur a confié plus tard que sa femme, Monika, lui avait suggéré de prendre Bierhoff dans le groupe pour cet Euro. Mme Vogts connaissait peut-être la qualité de son jeu de tête. Quatre minutes après son entrée, le remplaçant égalise d’un coup de casque imparable. Son destin l’appelle. Comme ses glorieux compatriotes, Gerd Müller en 1972 et Horst Hrubesch huit ans plus tard, il inscrit un doublé en finale d’un championnat d’Europe.

Débute alors pour lui une seconde carrière. Bierhoff s’installe comme un titulaire indiscutable en sélection pendant six ans (avant d’en devenir plus tard le manageur) et rejoindra le prestigieux Milan AC en 1998.

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Le but en or n’a pas connu la même réussite. Jugé inutile ou sadique, il est supprimé en 2004. Interrogé par Libération, Raymond Domenech (alors sélectionneur des espoirs) se charge de son épitaphe : « Le gars qui avait décidé ça tout seul dans son bureau a dû mourir… »

Retrouvez notre Top 30 des matchs qui ont marqué l’Euro

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