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Sur les berges de la Seine à Paris, le 25 juin. MICHEL EULER / AP

D’ici à 2050, les températures de Paris pourraient être celles de Canberra aujourd’hui. Des prévisions qui poussent de plus en plus de particuliers à installer des climatiseurs dans leur maison. Mais ce phénomène risque d’être contre-productif, selon une étude publiée ce 2 juillet dans Environmental Research Letters, mais dont l’embargo a été levé sur Internet dès le 25 juin. Ce rapport, réalisé par une équipe interdisciplinaire de l’Ecole des Ponts ParisTech, du CNRS, de Météo-France et du Centre scientifique et technique du bâtiment, a étudié l’utilisation de la climatisation en Ile-de-France selon différents scénarios d’adaptation au changement climatique. D’après ces experts, une mauvaise utilisation pourrait accentuer les effets du réchauffement planétaire.

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« Le risque de canicule est chronologiquement un des premiers impacts du changement climatique, explique Vincent Viguié, premier auteur de l’étude et chercheur à l’école des Ponts ParisTech. Si rien n’est fait, les températures de la canicule de 2003 correspondront à des étés moyens à la fin du siècle. » Un phénomène qui nuirait fortement à la santé, d’autant plus pour les personnes fragiles, et serait beaucoup plus intense en ville qu’en campagne. « Pour cela, la climatisation est une méthode assez simple qui permet de résoudre l’impact de la canicule sur la santé, largement disponible et à bas coût, explique le chercheur. Mais ce système consomme beaucoup d’énergie. » Selon l’étude, si la climatisation était généralisée à toutes les habitations, la consommation énergétique un jour caniculaire serait multipliée par deux par rapport à la moyenne annuelle. « C’est un cercle vicieux, poursuit Vincent Viguié, plus le changement climatique est important plus on consomme d’énergie, ce qui accentue le changement climatique. »

Autre problème de la climatisation : ce système rejette une quantité non négligeable de chaleur dans les rues. « Si tout le monde utilisait la climatisation, on aurait une augmentation de température dans les rues de Paris d’environ 3 °C par rapport à une ville où personne n’en utiliserait », évaluent les auteurs de l’étude. En partant de ces résultats, ils ont cherché quelles solutions collectives pourraient éviter une utilisation massive de climatiseurs.

« Microclimats dus à la manière dont les villes sont construites »

Ils ont utilisé pour cela un modèle prévisionnel de Météo-France qui identifie les îlots de chaleur urbaine. Ces microclimats entraînent des températures plus élevées en villes, particulièrement la nuit. Par exemple, durant la canicule de 2003, un îlot de chaleur s’était créé dans le centre de Paris, avec des températures plus élevées de 8 °C qu’en Seine-et-Marne. « Ces microclimats sont dus à la manière dont les villes sont construites, explique Vincent Viguié. Si on change les infrastructures, on « casse » ce phénomène. » Le modèle utilisé dans cette étude prend donc en compte non seulement les données météo mais aussi le plan de la ville : les infrastructures, les matériaux utilisés, etc.

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