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COLCANOPA

La cour d’assises spécialement composée pour les affaires de terrorisme s’est déportée dans une salle d’audience plus petite qu’à l’accoutumée. Le box des accusés est vide, et aucun avocat n’est présent. Après deux heures d’audience et trente minutes de délibéré, le président, Stéphane Duchemin, vient lire le verdict : « La cour a répondu oui à la majorité à la question sur la culpabilité »… Benjamin Barbier et Christopher Orduna sont condamnés à vingt ans de réclusion criminelle, le maximum encouru, avec une période de sûreté des deux tiers de la peine. Il est 12 h 14 ce lundi 22 juin au Palais de justice de Paris, l’audience est levée.

Etrange audience. Etrange rituel. Si Benjamin Barbier et Christopher Orduna ne sont pas là, c’est parce qu’ils sont probablement morts. Ces deux Français sont partis en septembre 2014 – ils ont alors 20 ans – faire le djihad en Syrie. Ils sont accusés devant les assises « d’association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un ou de plusieurs crimes terroristes ».

On les a vus sur des photos parader une arme de poing à la main, devant une kalachnikov ou chargés d’une ceinture d’explosif, mais on ne saura pas quel a été leur niveau de participation aux combats dans les rangs de l’organisation Etat islamique (EI), ni s’ils ont commis des exactions. De l’un, blessé au bras par un tir de sniper, on est sans nouvelles depuis avril 2016. L’autre s’est probablement tué dans une opération kamikaze contre une raffinerie en Syrie, dès l’automne 2015.

Justice déshumanisée

« Leur décès est évoqué, mais n’est pas établi avec certitude. On fera comme d’habitude », explique le président en début d’audience à ses quatre assesseurs, des magistrats, puisque ces assises consacrées au terrorisme sont sans jury populaire. L’« habitude », pour ces affaires-là, c’est un procès sans partie civile, sans défense et sans témoin, en dehors du policier ayant mené l’enquête judiciaire.

Comme pour accentuer le malaise suscité par cette justice déshumanisée, l’unique témoin intervient à distance, par visioconférence. Le policier a demandé à rester anonyme comme la loi l’y autorise en matière de terrorisme. Il est identifié par un numéro dans la procédure. A l’écran, apparaît un store vénitien abaissé derrière lequel se dessine une silhouette assise derrière un bureau. Son ton ne trompe pas, il lit son texte.

On apprendra que les deux jeunes hommes, nés à Chartres dans des familles marquées par la précarité, l’alcoolisme et la violence, se sont convertis à l’islam moins d’un an avant leur départ pour la Syrie en passant par la Belgique et la Turquie.

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