Publié le : 26/06/2020 – 09:10

Alors qu’ici et là les frontières s’ouvrent à nouveau après des semaines de fermetures causées par le coronavirus, le secteur aérien se met à rêver à une reprise. L’aéroport d’Orly près de Paris rouvre ce vendredi après presque trois mois de fermeture. Pourtant, les mauvaises nouvelles s’accumulent sur le front de l’emploi.

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Jeudi, le transporteur allemand Lufthansa a assuré son plan de sauvetage par Berlin mais confirmé aussi que des milliers de postes pourraient être supprimés. Dans quelques jours, c’est Air France qui pourrait annoncer elle aussi un plan massif de départs volontaires comme redouté. Est-ce que ce sera 8 000 postes, ou 10 000 postes en moins ? Les négociations vont bon train entre la direction et les syndicats. Les coupes seront franches, malgré l’intervention de l’État français et ses 7 milliards d’euros de prêts.

Et le scénario se répète invariablement ailleurs, les compagnies taillent dans les effectifs

British Airways évoque la suppression de 12 000 postes, un tiers des effectifs. L’australienne Qantas annonçait hier un poste sur cinq en moins. Même les compagnies low-costs réputées plus solides financièrement s’y mettent. Les britanniques Easy Jet et ses 4 500 postes en moins, Ryan Air, 3 000 postes supprimés ou encore l’islandaise Icelandair. L’américaine United Airlines qui s’était engagée contre l’aide financière de Washington à ne pas réduire immédiatement ses effectifs, a décidé de revoir à la baisse le salaire de ses cadres mais elle prépare aussi un plan massif de départs volontaires pour l’automne. D’autres compagnies optent pour des baisses de salaires volontaires afin de préserver le maximum d’emplois. Mais il n’y a pas que les salaires. Réduire la flotte des avions ou le rythme des commandes est aussi un moyen de faire des économies pour les compagnies.

L’enjeu, dans tous les cas, c’est d’éviter la faillite

Et de préserver la santé financière des compagnies qui selon les dernières estimations de l’IATA, l’association internationale des transporteurs, pourraient enregistrer plus de 84 milliards de dollars de pertes cette année. Des faillites, il y en a eu déjà. L’une des premières victimes de la vague de Covid-19, ce fut en mars, la low-cost britannique Flybe. Mais depuis, la situation s’est aggravée. La principale compagnie d’Amérique latine LATAM qui emploie plus de 42 000 personnes s’est placée sous la protection de la loi américaine sur les faillites (chapitre 11). Pareil pour les transporteurs sud-Africains South African Airways et Comair. Les exemples s’accumulent et malgré la levée des restriction de voyages, le secteur montre un optimisme mesuré.

La question est aussi de savoir si les voyageurs vont reprendre l’avion

Toujours selon l’IATA, le lobby des transporteurs, on note un attentisme dans les réservations des billets. Pour le mois de novembre, on est à 5% du niveau de l’an dernier. La prudence s’est renforcée même comparé à avril, au pic de la crise. Du coup, les compagnies, même celles qui ne sont pas en piteuse santé financière, s’inquiètent. Si la machine repart, les coûts repartent aussi: les salaires, qui ne seront plus soutenu par le dispositif de chômage partiel, la maintenance et le kérosène. Si dans le même temps, les recettes ne sont pas au rendez-vous, il sera difficile d’envisager sereinement l’avenir. D’autre part, si la situation semble s’améliorer en Europe, la situation sanitaire sur le continent américain reste incertaine. Or beaucoup de compagnies dont Air France et Lufthansa tirent le gros de leurs revenus des vols intercontinentaux.

EN BREF

Le plus gros producteur de cuivre au monde, la compagnie publique chilienne Codelco ferme l’une de ses mines en raison de l’épidémie de coronavirus. C’est la mine de Chuquicamata dans le nord du pays qui assure à elle-seule 11% de la production mondiale de cuivre. Ses activités de fonderie et de raffinerie cessent à titre préventif et provisoire a annoncé hier la direction. « Compte tenu », dit-elle, de la situation complexe que connaissent la région d’Antofagasta et la ville de Calama. La région a en effet été confinée de nouveau mardi dernier par le gouvernement de Santiago car les cas de malades explosent . 7 500 cas au total pour 122 décès, dont trois employés des mines.

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