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Des employés de Lufthansa apportent leur soutien au plan de sauvetage de la compagnie aérienne allemande, à Berlin, mercredi 24 juin. TOBIAS SCHWARZ / AFP

La voie est libre pour le sauvetage du premier groupe de transport aérien européen : le principal actionnaire de Lufthansa, un milliardaire allemand qui menaçait de voter contre, a annoncé, mercredi 24 juin, qu’il approuverait le plan de 9 milliards d’euros.

« Je voterai pour le projet d’accord », lors de l’assemblée générale d’actionnaires prévue jeudi, a expliqué Heinz Hermann Thiele, homme d’affaires de 79 ans, au quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ). Le plan d’aide prévoit le retour à hauteur de 20 % de l’Etat dans le capital de Lufthansa, plongé comme l’ensemble du secteur dans une crise sans précédent.

Jusqu’ici le milliardaire, qui détient 15,5 % du capital de la compagnie, avait menacé de bloquer le plan de sauvetage. Et il en avait la possibilité compte tenu de l’importance de ses parts. L’arrivée prévue de l’Etat allemand parmi les actionnaires de Lufthansa avait suscité les critiques de M. Thiele, « self-made milliardaire » au verbe haut et aux opinions tranchées. Il redoutait notamment que le gouvernement ne s’oppose à des coupes claires dans les effectifs, nécessaires à ses yeux pour redresser la compagnie et faire repartir à la hausse le prix de l’action en Bourse.

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Suppression de 22 000 emplois

Désormais, il semble convaincu que la compagnie pourra le faire même avec la présence de l’Etat à son capital car, même en bénéficiant de l’aide publique, les prochaines années s’annoncent compliquées pour Lufthansa. Le redémarrage ne sera que très progressif : en septembre, le groupe prévoit une offre toujours inférieure de 60 % à la normale. A terme, le groupe aura une centaine d’avions en moins sur ses 763 d’avant la crise, qui a immobilisé la quasi-totalité de la flotte pendant près de deux mois.

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Pour s’adapter à cette baisse prolongée, Lufthansa compte déjà supprimer 22 000 emplois, soit 16 % des effectifs mondiaux, dont la moitié en Allemagne. Les négociations sont en cours avec les syndicats, mais avaient pâti de l’incertitude autour du sauvetage.

« Il est dans l’intérêt de tous les employés de Lufthansa que la direction puisse rapidement mener des négociations avec les syndicats sur la restructuration nécessaire », a expliqué mercredi au FAZ M. Thiele, dont la fortune est estimée aujourd’hui par le magazine Forbes à 15 milliards d’euros.

Mercredi soir, un premier pas a été franchi, avec un accord permettant 500 millions d’euros d’économies, signé entre direction et syndicat du personnel navigant. Il prévoit des gels des rémunérations, des départs à la retraite anticipés, et des périodes de chômage technique pour les stewards et hôtesses de l’air, ont indiqué les deux parties dans un communiqué commun.

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« Assurer la survie de l’entreprise »

Les motivations pour l’achat d’actions de M. Thiele, qui a fait fortune dans les freins pour le ferroviaire et les poids lourds, restent floues. « J’aurai une influence sur les évolutions chez Lufthansa à l’avenir », a-t-il dit, sans développer.

Le syndicat Verdi a salué mercredi la décision du principal actionnaire, qui permet « d’assurer la survie de l’entreprise et d’empêcher une cessation de paiements ». Lufthansa avait également averti que, sans aide, « l’entreprise serait certainement en cessation de paiements quelques jours après l’assemblée générale » et devrait se déclarer en faillite.

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Dans les échanges après Bourse sur la plate-forme Tradegate, les actions de Lufthansa ont bondi de 17 % par rapport au cours de clôture des échanges réguliers. Concernant les différentes filiales de Lufthansa, l’Autriche a prévu d’aider Austria Airlines à hauteur de 450 millions d’euros, sans monter au capital.

En Suisse, Berne va garantir 1,2 milliard de prêts aux filiales Swiss et Edelweiss, tandis que les négociations se poursuivent en Belgique, où Brussels Airlines est en passe de supprimer un millier d’emplois. En plus des réductions d’emplois, Lufthansa a déjà annoncé la fermeture de deux filiales, Germanwings et la branche allemande de SunExpress, détenue en commun avec Turkish Airlines.

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Le Monde avec AFP

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