,

,

L’ex-homme le plus riche du monde est accusé de tirer les ficelles de l’OMS. « Bill Gates maintenant est propriétaire d’une bonne partie de l’OMS », affirme par exemple le professeur Christian Perronne, ancien président de la commission spécialisée sur les maladies transmissibles du Haut Conseil de la santé publique, dans un entretien à Sud Radio. Avant d’insister : « L’OMS appartient à Bill Gates maintenant, c’est de notoriété publique. » « Et à la Chine », ajoute l’éditorialiste André Bercoff.

Cet article est extrait d’un dossier sur les rumeurs entourant Bill Gates durant la pandémie de covid-19.

CE QUI EST VRAI

  • Un poids considérable dans le budget de l’OMS

La fondation Gates est l’acteur non étatique le plus puissant de la planète. Sa dotation financière est d’environ 46,8 milliards de dollars en 2018, un montant supérieur au produit intérieur brut (PIB) de la Côte d’ivoire, de la Jordanie ou encore de l’Islande. Si la fondation Gates était un Etat, selon les données de la Banque mondiale, elle serait le 91e plus riche du monde.

Son poids est particulièrement important dans le domaine de la santé, son cœur d’activité. La Fondation Bill et Melinda Gates est le deuxième plus important contributeur au budget biennal de l’OMS, et s’apprête à passer premier après le gel des financements américains. Elle est par ailleurs, devant les Etats-Unis, le principal financeur de l’alliance GAVI, l’Alliance pour les vaccins.

La Fondation Bill et Melinda Gates a procédé à 37 versements à l’OMS en 2019, pour un montant total de 194 millions de dollars. Cette influence est aussi indirecte, puisque l’ONG investit dans de nombreux pays (comme le Nigeria) ou des organisations (comme l’alliance GAVI pour la vaccination mondiale, les programmes de développement des Nations unies ou, par le passé, le National Philanthropic Trust) qui figurent parmi les principaux donateurs minoritaires au budget de l’OMS.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi « La puissance de la Fondation Gates est, en creux, un révélateur des carences des Etats »
  • Une influence sur la santé mondiale qui pose question

Cette philanthropie massive ne va pas sans poser de problèmes de principe. Celle-ci « devrait être soumise à un droit de regard des Etats et des citoyens, tant son pouvoir est grand et sa menace lourde sur nos démocraties », alerte Lionel Astruc, auteur de l’enquête L’Art de la fausse générosité. La Fondation Bill & Melinda Gates (Actes Sud, 2019).

Ce journaliste et écrivain accuse le milliardaire d’avoir acquis un poids critique qui lui permet de peser en faveur de certaines de ses convictions, comme l’agriculture OGM ou la vaccination massive, au détriment de remèdes naturels. Il estime aussi que l’engagement extrême de la fondation Gates dans l’éradication de la poliomyélite relègue au second plan la nécessaire lutte contre d’autres maladies plus répandues, comme la rougeole.

Enfin, la fondation Gates finance des programmes de lutte contre la famine et la malnutrition qui passent par des modèles d’industrialisation destructeurs pour l’environnement, épingle le groupe international d’experts indépendants sur les systèmes alimentaires durables (IPES-Food).

CE QUI EST EXAGÉRÉ

  • Gates n’est pas « propriétaire » de l’OMS

Dire que Bill Gates est « propriétaire de l’OMS » relève au mieux de l’hyperbole, au pire du fantasme. D’un point de vue juridique d’abord : l’OMS est une organisation supranationale qui dépend de ses Etats membres, avec un statut d’institution spécialisée des Nations unies, selon sa Constitution.

D’un point de vue financier également, il s’agit d’une assertion exagérée. Même en additionnant toutes les autres fondations qu’elle finance, que ce soit de façon notable (l’alliance GAVI, à hauteur de 19,7 %) ou anecdotique (Rotary International, à qui elle a juste versé 25 000 dollars), la « galaxie » de la fondation Gates représente moins de 25 % du budget total de l’organisation, et n’est donc pas majoritaire – même si son poids reste considérable.

  • Une gouvernance complexe

Résumer l’OMS à la fondation Gates occulte la complexité de la gouvernance de l’agence de l’ONU. Le poids pris par le couple de milliardaires est ainsi, en creux, le révélateur du désinvestissement des Etats eux-mêmes, dans un contexte de crise du multilatéralisme.

Par ailleurs, comme l’a montré la crise due au coronavirus, les rapports de pouvoir au sein de l’OMS relèvent d’une géopolitique subtile, qui ne reflète pas uniquement la part des participations budgétaires. L’agence des Nations unies a ainsi été accusée d’être très proche de la ligne chinoise durant la pandémie, alors que le pays où est apparu le SARS-CoV-2 ne représente que 0,21 % de ses comptes.

Le Monde

The post Est-il vrai que Bill Gates est « propriétaire d’une partie » de l’OMS ? appeared first on Haiti24.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Social Media Auto Publish Powered By : XYZScripts.com
%d blogueurs aiment cette page :

Send us your Problem:

Please, Fill out all the fields.

Radio Station:

Your message has been sent. Thanks 😊