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Contrôlé par la police le 3 janvier, Cédric Chouviat est mort d’un malaise cardiaque deux jours plus tard. DOCUMENT LE MONDE

C’est directement à Emmanuel Macron que la famille de Cédric Chouviat a adressé son message, mêlant incompréhension et colère, mardi 23 juin, lors d’une conférence de presse organisée au lendemain des révélations du Monde et de Mediapart sur les derniers mots prononcés par ce livreur de 42 ans, mort à l’issue d’un contrôle routier sur le quai Branly à Paris le 3 janvier, qui a crié à sept reprises « j’étouffe ». Ses proches ont demandé au président de la République de suspendre les quatre fonctionnaires mis en cause et d’interdire définitivement la clé d’étranglement et le plaquage ventral, les deux techniques policières utilisées ce jour-là.

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« Nous lançons un appel au calme », a expliqué en préambule Me William Bourdon, l’un des trois avocats de la famille. « La France ce n’est pas les Etats-Unis mais la France se rapproche des Etats-Unis », a-t-il ajouté, parlant d’une « logique répressive » à l’œuvre au sein des forces de l’ordre. Pour son confrère, Me Arié Alimi, qui a salué le travail « colossal » des juges d’instruction dans ce dossier, ce drame doit provoquer un électrochoc dans l’institution policière : « C’est bien le plaquage ventral et la clé d’étranglement qui ont tué Cédric Chouviat. Aujourd’hui tout le monde sait que ces techniques tuent », a-t-il expliqué, demandant lui aussi leur interdiction. « Combien de morts attendons-nous pour que les techniques policières puissent changer ? » a renchéri Me Vincent Brengarth.

« On ne lui a laissé aucune chance de survie »

Les trois avocats ont également dénoncé « la pression politique lamentable » exercée par les syndicats de police. Le ministre de l’intérieur Christophe Castaner avait annoncé lors d’une conférence de presse, lundi 8 juin, la suppression de la clé d’étranglement. Mais à la suite des tractations avec les organisations, consigne avait été donnée par le directeur général de la police nationale de continuer à utiliser cette technique, en attendant la réflexion sur une méthode de substitution.

Lors de cette conférence de presse, les membres de la famille de Cédric Chouviat – ses parents, ses cinq enfants, sa veuve et sa sœur – se sont succédé au micro. « On est dans une totale incompréhension », a résumé Sofia, l’une des filles du défunt, qui a demandé une réponse « rapide » du chef de l’Etat. « On ne lui a laissé aucune chance de survie, a regretté Christian Chouviat, son père. En gros c’est “crève salopard, parce que ta plaque était sale. Il a crié “j’étouffe, j’étouffe, j’étouffe, j’étouffe, j’étouffe, j’étouffe, j’étouffe. Mais on y va, on continue. »

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A la suite des révélations du Monde et de Mediapart, l’avocat de deux des policiers, Me Laurent-Franck Liénard, a assuré, lundi 22 juin, que ses clients n’avaient pas entendu cet appel à l’aide, au cours de l’interpellation. Cédric Chouviat portait encore son casque de scooter. Ils avaient prodigué par la suite les premiers secours, alors que l’homme faisait un malaise cardiaque. Lors de la conférence de presse, la famille a regretté qu’aucun des policiers n’ait eu un mot de condoléances à leur égard depuis janvier.

Nicolas Chapuis

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